Sexe cosmique

Cette histoire, j’ai vraiment hésité à te la raconter!
Mais j’en avais très envie, parce que je sais que j’aurais aimé lire ça! D’ailleurs ce qui m’a poussé à le faire, c’est la lecture du livre Onze minutes de Paulo Coelho. Un livre qui m’a pris aux tripes, qui m’a fait pleurer, rire, ressentir des émotions incroyables, qui m’a touché en plein cœur. Une histoire d’amour et de sexe pas comme les autres.

Alors voici la mienne, d’histoire.

Il était une fois, une petite fille. Pas si petite. Elle jouait avec ses amies, enfin avec une en particulier. Et leur jeu favori, c’était de faire « comme si on était grand, je joue l’homme et toi la femme, et on s’embrasse ». Et puis après les bisous, on se frottait jusqu’à jouir. Mais à ce moment précis, nous n’avions aucune idée de ce que nous étions en train de faire. Simple jeu. Découverte du corps. Et de ses plaisirs.
Ce jeu a duré longtemps, puis a évolué avec d’autres amies.

Je m’en suis longtemps voulu. Je me sentais pas normal. Pas normal de découvrir le sexe avec mes amies, des filles, et moi m’imaginer homme. C’était trop pour moi. Pour mon cerveau d’ado en construction.
Il m’a fallu de trèèèès longues années pour me dire que tout ça avait été normal, et que ces expériences avec des filles n’avaient rien de mal, qu’elles faisaient partie de la vie et de la découverte. Ma découverte.

Mais j’ai porté beaucoup d’angoisse et de honte sur ces souvenirs. Je commençais la vie avec une image du sexe comme étant un péché.

Et puis, cette image du sexe n’a fait que s’empirer avec les années.
N’ayant absolument pas confiance en moi, et cherchant le regard de l’homme (puisque je n’arrivais pas à avoir celui de mon père).
J’ai cherché à plaire à tout prix. Et j’ai compris très rapidement comment je pouvais avoir l’attention des hommes: le sexe!
Alors j’ai enchaîné les relations, les coups d’un soir, les gars qui te baisent et ne te rappellent plus jamais. Ceux pour qui tu es juste un objet de désir, mais qui ne cherche pas une seconde à savoir comment tu vas au fond de toi, pour de vrai, si tu as vraiment envie de cette relation sexuelle, si tu prends du plaisir. Si tu étais là, c’est que tu le voulais. Alors je me convainquais que j’en avais envie.
Je me suis salie. Ne me suis pas respectée.
J’avais mal. Pas physiquement. J’avais mal à l’âme. Tellement mal.
Je hurlais de l’intérieur.
Mais je continuais, je ne savais pas comment faire autrement.

Et puis je me suis mis en couple, dans des relations sérieuses.
C’est comme ça que j’ai découvert une autre facette du sexe. Une sexualité qui évolue avec un partenaire. Beaucoup plus d’attention et de curiosité, essayer de nouvelles choses, découvrir son propre corps, le corps de l’autre. Faire l’amour avec amour.

Mais j’avais encore trop de blessures en moi pour accepter ma sexualité.
L’image que j’avais de moi était sale.
J’étais pas prête!

J’étais à la fois désespéré parce que je ne savais pas comment faire disparaître cette image sale que j’avais de moi. Et à la fois, j’avais TELLEMENT mais TELLEMENT envie que ça dégage, et de m’en libérer! Parce que c’était devenu une incompréhension totale, à tel point que j’ai même pensé être asexuelle tellement je n’arrivais pas à prendre de plaisir et n’avais aucune véritable attirance sexuelle pour mes partenaires.
J’ai écouté tout un tas de podcasts et vidéos, lu des livres, essayé d’en parler pour guérir cette blessure et apprendre à véritablement aimer le sexe. Parce que c’est quand même con de ne pas être capable de prendre du plaisir dans l’un des seuls trucs primaires/naturels qui est fait pour prendre du plaisir, genre y a un organe dans ton corps qui est juste là pour te faire jouir..

Et puis j’ai commencé à découvrir ma spiritualité. J’ai commencé à m’éveiller. À voir la vie différemment, à la ressentir différemment. J’ai prié l’univers pour qu’il m’éclaire dans ma quête de l’amour du sexe.
Il m’a répondu.
Il a mis cet homme incroyable sur mon chemin.
On a eu une connexion virtuelle au premier message, puis une connexion de vie au premier regard.

Je n’avais jamais ressenti ça. C’était au-delà de l’amour. Comme si nos âmes se retrouvaient enfin après s’être cherché pendant de longues années (je t’en parles dans mon article sur La réincarnation.)
Ce qui a rendu cette relation encore plus enrichissante, c’est qu’il était en couple, en relation libre.
Nos âmes étaient comme des aimants.
Même quand le contexte devenait trop difficile à gérer pour nous et qu’on décidait d’arrêter de se voir.
Impossible.
Nos corps, nos esprits, se réclamaient.
Le sexe avec lui était mystique, ce n’était plus du sexe, c’était la jouissance de nos âmes. Ça nous dépassait. Nous partions dans une autre dimension à chaque fois. Je n’avais jamais connu ça.
Je n’ai pas de mot.

Je n’ai tellement pas de mot pour te d’écrire cette expérience d’un autre monde, que j’ai envie d’utiliser ceux de Paulo Coehlo de son livre Onze minutes:

« Il ne m’a pas retiré ma veste; il a fait en sorte que je me penche à plat ventre sur la table, les jambes encore appuyées au sol. Il m’a pénétrée lentement, cette fois sans anxiété, sans peur de me perdre – parce que au fond lui aussi avait déjà compris que c’était un rêve, et que cela resterait pour toujours un rêve.
En même temps que je sentais son sexe en moi, je sentais sa main sur mes seins, sur mes fesses, me touchant, comme seule une femme sait le faire. Alors j’ai compris que nous étions faits l’un pour l’autre, parce qu’il parvenait à être femme comme moi je pouvais être homme quand nous parlions ou nous initiions mutuellement à la rencontre des deux moitiés perdues, des deux fragments qui devaient se trouver pour que l’univers soit complet. […] … et soudain, une sorte de lumière a explosé en moi. Je n’étais plus moi-même, mais un être infiniment supérieur à tout ce que je connaissais. Quand sa main m’a menée au quatrième orgasme, je suis entrée dans un lieu où tout était paix, et au cinquième j’ai connu Dieu. Alors j’ai senti que son sexe recommençait à fouiller en moi, bien que sa main ne se soit pas arrêtée, et j’ai dit « mon Dieu », je me suis abandonnée, ne sachant si c’était à l’enfer ou au paradis.
Mais c’était le paradis. J’étais la terre, les montagnes, les tigres, les fleuves qui coulent jusqu’aux lacs, les lacs qui deviennent mer. Il allait de plus en plus vite, et la douleur se mêlait au plaisir, j’aurais pu dire « je n’en peux plus » mais cela n’aurait pas été juste, parce qu’à ce stade lui et moi étions la même personne.  »

Ces mots sont si justes. Ils arrivent à décrire la divinité de cette fusion des corps et des âmes.
Avant ce livre, je n’avais jamais entendu parler de sexe de cette manière-là. Avant de le vivre pour de vrai, je n’avais aucune idée que le sexe c’était finalement ça.

J’avais appris que c’était sale. Les pornos que j’avais regardés, m’avaient montré l’exemple de la femme objet. Que le sexe, c’était pour donner du plaisir à l’autre, sans vraiment t’écouter et savoir dire non à ce que tu ne veux pas.
Je ne comprenais pas pourquoi moi j’arrivais pas à prendre de plaisir.
Je m’étais perdue.
Et puis, personne n’osait vraiment en parler. C’était le grand mystère pour beaucoup de monde, mais on faisait tous semblant d’avoir compris ce que c’était pour ne pas paraître paumé. Et ceux qui avaient compris étaient prisonniers par le tabou.
Comme si on ne pouvait parler du sexe que vulgairement, ou rien.

Alors je me dis qu’aujourd’hui j’ai envie de lui rendre hommage.
Après tant d’années à l’avoir dégradé, à l’avoir trouvé honteux et sale. J’ai envie que tout le monde sache à quel point il est divin et cosmique.
Qu’il est l’un des moyens les plus simples de voyager dans d’autres dimensions pour découvrir l’univers.

2018-09-30T14:29:44+00:00septembre 26th, 2018|Dans ma tête|0 Comments

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